Baisser le regard : le « combat » des temps modernes qui pourrait bien rapprocher le couple….

Dehors ? C’est HARDCORE ! Par Allah ! C’est dur ! Très dur d’être un homme musulman soucieux d’entretenir sa crainte d’Allah, dans une telle société où tout est pensé et mise en œuvre pour que la débauche soit une valeur respectable, voire nécessaire, au bonheur de l’être humain. La liberté de penser et d’action, dite individuelle, est manipulée pour devenir un libertinage collectif. La tentation charnelle est à chaque coin de rue et traque tous les hommes qui l’effleurent, musulmans ou pas, pour lui dire:  « viens, regarde-moi, viens goûter au plaisir, c’est gratuit». Dans de telles conditions, baisser le regard devient si dur que les frères, même mariés, ont parfois envie de baisser les bras, causant interrogations et perte d’estime auprès de leurs épouses qui ne savent plus quel regard porter sur cette situation.

« Comment un musulman peut-il regarder les femmes autres que la sienne lorsqu’il a : « la ilaha illAllah » dans le cœur ? »

On a tendance à toujours se figurer que le musulman est parfait, qu’il peut résister à tout type de tentation, puisqu’il s’est engagé à suivre le chemin de la vérité et les règles le caractérisant. Le moindre de ses péchés est donc interprété comme un signe d’hypocrisie envers son Créateur et dans la cas présent, également envers son épouse. Mais attester de l’unicité d’Allah et accomplir ses obligations religieuses fait de l’homme un musulman qui a accepté l’islam comme religion et non un croyant qui a la foi et encore moins un Wali Allah* qui a atteint al-ihsân.**

*Wali Allah : ami intime d’Allah.

**Al-ihsân :  c’est le plus haut degré de la foi. Le Prophète (paix et bénédiction sur lui)  a dit : al ihsân consiste à adorer Dieu comme si tu Le voyais car même si tu ne Le vois pas, Lui te voit. » (Bukharî).

De la théorie à la pratique : « Les Bédouins ont dit : « Nous avons la foi ». Dis : « Vous n’avez pas encore la foi. Dites plutôt : Nous nous sommes simplement soumis, car la foi n’a pas encore pénétré dans vos coeurs. Et si vous obéissez à Allah et à Son messager, Il ne vous fera rien perdre de vos oeuvres ». Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » Sourate 49, verset 14.

La foi se travaille, augmente, baisse, se renouvelle et surtout, les efforts pour la faire croître ne portent pas leurs fruits du jour au lendemain. Le cœur de celui qui se repent (le converti ou le musulman n’ayant pas toujours pratiqué en pleine conscience) a besoin d’un bon nettoyage qui se concrétise à travers : les demandes de pardon, l’assiduité dans la salat, le dhikr, les bonnes fréquentations, l’occupation du temps libre dans des activités propices à la foi etc…Mais cela prend du temps et chaque frère va à son rythme, sans autre qu’Allah pour le juger. Notre Créateur récompense les efforts, tandis que les êtres humains ne saluent que les résultats, s’ils les jugent à la hauteur de ses attentes.

D’un frère à un autre : Le mari pieux qui ne baisse pas la garde et contrôle son regard, est un idéal vers lequel doivent tendre tous les frères, non pas une finalité acquise simultanément avec l’étiquette de musulman par héritage ou par démarche personnelle. L’idéalisation du bon mari musulman intègre est grande, trop grande et plus grande encore est la déception qui en découle. Les frères qui parviennent à contrôler leur regard plus aisément que les autres ne sont pas pour autant « meilleurs », si le « comment » n’est pas pris en considération. Tous ont un parcours de vie différent qui joue en leur faveur, ou pas. Les capacités à lutter des uns et des autres ne sont pas et ne doivent pas être comparables. A chacun sa personnalité, son passé avec l’environnement social, spirituel qui l’a influencé, à chacun son histoire personnelle avec ses forces et ses blessures pour l’avenir.

Les frères conscients qui combattent : Tous les frères sont conscients que regarder une autre femme que la leur est une mauvaise action et face à l’épreuve de baisser le regard, deux profils se distinguent : les conscients qui combattent et les conscients qui se confortent.

Lorsque les premiers cèdent à la tentation et rallongent le premier regard autorisé (puisqu’ils ne peuvent anticiper ce qu’ils vont voir) les regrets ne tardent pas à les gagner. Ils livrent un combat où l’âme incitatrice au mal et la foi, (selon son degré, avec ses hauts et ses bas) s’affrontent, se partageant victoires et défaites. Ces derniers sont à plaindre, soutenir et non à pister ou à blâmer.

Les frères conscients qui se confortent : Aux antipodes des frères qui combattent pour faire triompher leur crainte d’Allah, il y a ceux qui se confortent dans ces regards et ce, même en présence de leurs épouses ! Loin de s’excuser s’ils sont pris sur le vif, ils poussent le vice jusqu’à fusiller leurs femmes du regard, pour avoir eu l’audace de s’immiscer dans leur liberté de choisir entre le bien et le mal. Et c’est tout naturellement qu’ils exigeront par la suite que leurs épouses répondent à leur « devoir conjugal », dès qu’ils les solliciteront. Exiger l’obéissance de son épouse pour réparer les dégâts engendrés par une désobéissance à Allah, c’est l’hôpital qui se moque de la charité ! Autre débat.

Femme, faiblesse et force : Si la femme est l’une des plus grandes faiblesses de l’homme, elle peut également être l’une de ses plus grandes forces. Nusayba bint Ka’b Al-Ansariya, surnommée également Oum Amara (qu’Allah l’agrée) fût cette guerrière qui défendit vaillamment le prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) attaqué de toutes parts, lors de la bataille d’Uhud. «Quelle que soit la direction vers laquelle je me tournais, je voyais Oum Omara en train de combattre pour me protéger  » dira le prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui).»  Où est le rapport avec le sujet ? Les sœurs d’aujourd’hui ont elles aussi leur rôle à jouer, à leurs niveaux, dans une guerre opposant la crainte d’Allah à la ruse de chaytan, afin que leurs époux remportent le plus de batailles, incha’Allah. Si baisser le regard demeure une responsabilité individuelle dont les manquements ne peuvent être imputés à personne d’autre qu’à soi-même, les époux peuvent se soutenir en trouvant un apaisement mutuel lorsqu’ils se regardent et se rencontrent intimement. Cela dit, respecter cette injonction divine ne doit pas dépendre totalement de la relation qui unit le couple mais de la relation qui unit la créature à son Créateur. Sinon, comment feraient donc les célibataires ? Les veufs ?  Les hommes séparés de leurs épouses ?

 

A l’attaque! A l’instar de Nusayba (qu’Allah l’agrée) qui usait de son épée pour protéger le prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui), protégez vos maris avec la plus grande de toutes les armes : l’invocation.

-Implorez Allah pour qu’Il fortifie la foi, la crainte révérencielle de votre mari envers Lui, afin de l’aider à baisser le regard, à ne tirer aucun désir, fantasme et plaisir, des images qu’il aura regardé.

-Redoublez d’invocations si votre mari est malheureusement un frère conscient qui se conforte dans cette mauvaise action. Les dou’as seront plus efficaces que des exhortations à changer qu’il percevra comme des provocations s’il n’a pas encore émis l’intention de se réformer et là aussi, armez-vous, mais de patience ! Sans pour autant devenir un paillasson ! Vous êtes son épouse, vous le soutenez par miséricorde mais si Mr la joue « femme couche-toi là il faut que je me soulage et fais attention à toi si tu t’y refuses car les anges te maudiront » rappelez-lui qu’Allah lui a enjoint de baisser le regard et que s’il attend une obéissance intransigeante de vous, qu’il commence par obéir à son Créateur. Qu’Allah préserve toute incitation à la désobéissance ou à la discorde à travers cet article, mais le cas énoncé ci-dessus  appartient malheureusement au passé d’une sœur qui a psychologiquement été détruite par les abus des frères avec qui elle a successivement été mariée Avec l’intention d’obéir à Allah, elle ne sait jamais refusée, jusqu’à ce qu’elle perde toute estime de soi et que cela entraîne une succession de situations dramatiques. Les frères doivent respecter une éthique !!!

-Implorez Allah pour qu’Il augmente l’amour et l’attirance entre vous et votre mari.

-Instaurez à la maison une ambiance qui renforce la relation avec Allah et protège des agressions extérieures sous toutes leurs formes (programmes TV, films, vidéos, sites internet, audios etc… nuisibles). A défaut de ne pas développer une ambiance spirituellement sereine, ne pas l’affaiblir avec des activités polluant le cœur.

-Exprimez à votre époux la fierté qu’il vous inspire lorsque vous réalisez la difficulté du combat quotidien des frères vivant dans des pays où la femme ne se voile pas.

-Rappelez-lui qu’Allah voit ses efforts, le récompensera dans ce bas-monde et dans l’au-delà.

-Bien entendu : soignez votre apparence aux goûts de votre mari, tout en sachant rester vous-mêmes incha’Allah.

Une compassion partagée : « Oui, baisser le regard est le djihad des temps modernes pour les frères. Ne sous-estime pas cette épreuve ma sœur parce que tu ne la vis pas. Si ton mari venait à te dire : « arrête de te plaindre, pousse et invoque Allah de t’aider » le jour de ton accouchement, en plus de vouloir le voir trépasser sur place, tu te demanderais à coup sûr : « mais qu’est-ce qu’il en sait celui là ? C’est lui qui est à ma place ? »  Entre dans sa peau ma sœur. Ton mari  n’est pas le plus mauvais des frères. Défais tes valises. Pas la peine de contacter ton tuteur pour demander le divorce. Ne t’inquiète pas, tu n’es pas mariée à un hypocrite pervers qui ne t’aime pas et se sert de toi pour assouvir ses désirs en pensant à d’autres femmes. Ton mari est juste un homme faible par moment, comme Allah nous a tous créé et fort dans d’autres situations. Les péchés liés au sexe sont souvent les plus condamnés par le commun des musulmans, jetant l’opprobre sur celui qui les commet, tandis que les hommes faisant appellent à la sorcellerie pour résoudre leurs problèmes ne répugnent personne, alors qu’auprès d’Allah, il n’y a pas de péché plus grand.

Pray and keep calm ma soeur ! Plus tu fixeras ce manquement, plus l’estime et l’affection que tu portes à ton époux s’effriteront. Regarde ses qualités (si si, il doit bien en avoir ! Pas de mauvaise foi, allons bon) et incha’Allah, rabats un sitar sur Tes yeux, pour voiler Ses faiblesses. Tout comme tu te sentirais trahie si ton mari t’arrachait en public ce voile qui préserve ta pudeur, ne dévoile sa faiblesse à personne, pour ne pas trahir la sienne. »

« Mon frère, tu n’aimerais pas surprendre un homme regarder avec une certaine convoitise : ta propre femme, ta mère, ta soeur ou toute autre à qui tu est lié par le sang, la chaire et l’intimité. Alors pourquoi faire à autrui ce que tu ne tolèrerais pas que l’on te fasse ? Mon frère, plus particulièrement pour toi qui te conforte dans cette attitude, parce que tu ne parviens à baisser le regard par crainte d’Allah que tu ne vois pas, aies la décence de le faire par respect et compassion pour ton épouse lorsque tu sais qu’elle te voit. C’est une humiliation manifeste, un message hurlant ton insatisfaction plus explicite que des paroles. C’est une blessure profonde de l’amour de soi inhérent à l’être humain pour avoir de l’assurance et avancer dans la vie. C’est un manque de respect qui lui signifie qu’elle n’est pas suffisamment séduisante pour toi et que tu combles ce manque de désir en regardant des femmes plus attirantes qu’elle. Ne ramène pas de complexes à ta femme ! La société « lui met la pression » en lui demandant d’ôter son hijab pour être belle mais Allah lui demande de se voiler pour avoir la beauté de la piété et toi, tu la veux pieuse tout en lui montrant que tu es attiré par les femmes à qui elle ne doit pas ressembler. On va où là ? Et si tu surprenais ton épouse à regarder d’autres hommes? Comment réagirais-tu? Si elle t’ignorait dans la journée, sans te complimenter, puis le soir venu, après maintes regards déplacés à l’extérieur, elle exigeait que tu sois à la hauteur d’une fougue sexuelle dont tu ne serais pas à l’origine, que ressentirais-tu à l’égard de ton épouse? Le divorce serait probablement ta réponse à ce que tu vivrais comme une infidélité et s’en est une. Pourtant, ta femme, elle, elle reste… Les relations intimes au sein du mariage n’ont pas pour but de te permettre d’assouvir légalement une sorte de fornication que tu as commencé à commettre avec les yeux. Al-hamdulillah, réjouis-toi d’avoir une épouse dans les bras de qui tu peux repousser des fantasmes interdits, en t’unissant à elle, en ne songeant qu’à elle. D’autres frères sont confrontés eux aussi à la difficulté de baisser le regard et n’ont pas de moitié auprès de qui trouver la quiétude à l’unisson. Dégoûtes-toi des autres femmes par n’importe quel discours et réhausse la valeur de ton épouse dans ton coeur en te concentrant sur tous les bienfaits qu’elle t’apporte, en prenant conscience qu’elle se préserve de la fornication dans une société où la presse féminine rend « fun » l’idée d’avoir un amant et donne le mode emploi pour y parvenir. Donne-lui envie d’avoir envie de toi. Quelle idée de se  présenter à la porte de la chambre comme un ogre à l’entrée d’une taverne qui s’écrie « j’ai faim ! » Remercies Allah pour ce cadeau que représente ton épouse et Invoque Allah pour t’aider à baisser le regard et à ne trouver le désir et le plaisir que dans les yeux et les bras de cette dernière. »

Conclusion ?

Le mariage fillah est une miséricorde au sein de laquelle les époux doivent tirer une force supplémentaire pour adorer Allah et c’est à deux, ensemble que le couple y parviendra incha’Allah. Si les époux se regardent avec compassion et le souci de voir son autre gagner la satisfaction d’Allah, l’objectif sera atteint incha’Allah. En s’unissant pour se rapprocher d’Allah, le couple se rapprochera incha’Allah.

Ma soeur : « Parfois, la sagesse, c’est de fermer les yeux, même si l’on voit tout ce qui se passe. »

Mon frère : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas que l’on te fît. »

Ecrit par Vikk

https://societesetsentiments.wordpress.com/2016/07/16/un-regard-porte-sur-les-freres-maries-qui-regardent-les-femmes-qui-ne-les-regardent-pas/

Baisser le regard : le « combat » des temps modernes qui pourrait bien rapprocher le couple….